Ferme incendiée à l'Isle-aux-Grues: la fromagerie affectée

Posté par Tiré du journal Le Soleil, Claudette Samson - 27 octobre 2011 | 0 Commentaires

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Journal Le Soleil,par Claudette Samson,

(Québec) Une ferme incendiée, 200 vaches laitières périssent... Pour les propriétaires, c'est la catastrophe, le drame. Mais l'effet d'un fait divers ne s'arrête pas nécessairement à la porte des principaux personnages concernés.

Le feu qui a rasé la plus grosse ferme de L'Isle-aux-Grues, le 8 septembre, a aussi forcé la principale entreprise de l'île, la fromagerie qui produit le fameux Riopelle, à réajuster sa production. La ferme Denis Boulanger et fils lui fournissait en effet le quart de son approvisionnement en lait.

La Fromagerie de L'Isle-aux-Grues est une coopérative regroupant les cinq producteurs laitiers de l'île. Elle fait le ramassage du lait et le transforme avec le plus de valeur ajoutée possible, explique son directeur général, Christian Vinet.

Autrefois uniquement composée de cheddars, sa production s'est de beaucoup raffinée avec la création du Riopelle il y a maintenant 10 ans. Le Mi-Carême et le Tomme de Grosse-Isle contribuent aussi à sa notoriété, mais le Riopelle et les cheddars doux et vieilli sont les plus connus.

L'incendie de la ferme des Boulanger a eu des conséquences sur la production des cheddars. Celle-ci a dû être restreinte, le temps que le fromager assure son stock de produits fins pour la période des Fêtes. C'est presque chose faite. «On devrait refaire nos stocks de cheddar en novembre», espère M. Vinet.

Sur les marchés, cette absence n'a toutefois pas vraiment paru, puisque ce sont les excédents, ceux qui sont vendus à d'autres entreprises et écoulés sous d'autres noms qui ont cessé d'être fabriqués.

À la fin novembre, les quatre autres producteurs laitiers de l'île devraient s'être réorganisés pour fournir l'équivalent de la moitié du lait qui sortait de la ferme incendiée. «C'est important, parce qu'on est la pierre angulaire du développement économique de l'île», souligne M. Vinet.

La fromagerie embauche une quinzaine de personnes à l'année, et près d'une vingtaine l'été. Pour la population insulaire, qui compte moins de 200 habitants, c'est un apport majeur.

Propriétaire éprouvé

Le principal intéressé, lui, demeure positif. «On a été chanceux, il n'y a pas eu de décès. Le plus triste, ça a été de voir mourir mes animaux, les entendre et ne pouvoir rien faire», raconte le propriétaire de la ferme par téléphone.

L'épreuve, Denis Boulanger la connaît. Pas plus tard qu'en mai 2010, il s'est retrouvé à la une des journaux après avoir tenté de sauver deux des quatre passagers d'un petit avion qui s'est écrasé dans son champ. Et quelques années plus tôt, son fils a bien failli mourir dans ses bras dans un grave accident de la route.

«Là, c'est juste du matériel, ça se remplace.» L'homme recevra d'ailleurs un coup de main de son entourage, puisqu'un souper-bénéfice aura lieu pour lui le 19 novembre au Café des Quatre Vents. Sa décision de reconstruire n'est par contre pas encore prise. Il se donne l'hiver pour y penser. À presque 55 ans, dit-il, c'est un pensez-y bien avant de reconstruire un bâtiment de 3 millions $. «Celui qui a brûlé, je l'ai monté petit à petit, mais là, faire ça d'un coup, c'est pas un cabanon...»

L'avenir de ses trois fils, intéressés à poursuivre les activités de la ferme, de même que l'incidence d'une telle entreprise sur un petit milieu pour le sien seront mis dans la balance, assure-t-il.

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